Comment mes arrière-grands-parents se sont-ils rencontrés ?

Par hasard à Paris ?

Le premier enfant de Paul DUPLAN et Stéphanie de BÉRÜE est né le 7 juillet 1875 et décédé le 22 février 1877 ; puisqu'il a vécu 20 mois dans les conditions médicales de l'époque, ce n'était pas un grand prématuré. Comme la durée moyenne de la gestation est de 266 jours pour l'espèce humaine, on peut en conclure que Paul DUPLAN et Stéphanie de BÉRÜE s'étaient rencontrés avant la mi-octobre 1874.

En 1874, Paul occupait un poste de commis au ministère de la Guerre, à Paris. Stéphanie y résidait également : un acte concernant la succession de sa mère nous informe qu'à cette date elle était employée de commerce à Paris.

Stéphanie n'était pas une jeune fille isolée dans la capitale : en effet, au moins entre 1869 et 1877, des membres de la famille de BÉRÜE habitaient Paris. C'est ce que nous apprennent deux actes concernant Marie Zoé de BÉRÜE, une cousine de mon arrière-grand-mère.

Marie Zoé était une cousine germaine du côté de BÉRÜE, puisque fille de Stanislas Charles de BÉRÜE, frère aîné du père de Stéphanie :

  Stanislas Félix de BÉRÜE
(1796-1846)
 
  Zoé TALVAT
(1802-1877)
 
   
     
Edme de BÉRÜE
(1823-1885)
  Stanislas Charles de BÉRÜE
(1822-1892)
Amélie MERCIER
(1831-1869)
  Sophie Désirée MERCIER
(1826-1882)
     
Stéphanie de BÉRÜE
(1852-1935)
  Marie Zoé de BÉRÜE
(1847-1929)

Marie Zoé était également une cousine, issue de germain, du côté MERCIER, puisque fille de Désirée Sophie MERCIER, cousine germaine de la mère de Stéphanie, comme le montre le schéma suivant :

  François Louis MERCIER
(1769-1840)
 
  Anne BERTRON
(1775-1809)
 
   
     
François MERCIER
(1798-1887)
  Henry MERCIER
(1802-1856)
Désirée URSEAU
(1796-1867)
  Sophie GRANGER
(1796-1882)
     
Amélie MERCIER
(1831-1869)
  Sophie Désirée MERCIER
(1826-1882)
Edme de BÉRÜE
(1823-1885)
  Stanislas Charles de BÉRÜE
(1822-1892)
     
Stéphanie de BÉRÜE
(1852-1935)
  Marie Zoé de BÉRÜE
(1847-1929)


Marie Zoé et Stéphanie étaient même cousines une troisième fois, à un degré plus éloigné :

  Michel FOUCHER
(1721-?)
 
  Françoise JAMIN
(1727-1773)
 
   
     
Anne Marie FOUCHER
(1747-1825)
  Louise Michelle FOUCHER
(1757-1835)
René BERTRON
(1745-1805)
  François GRANGER
(1742-1809)
     
Anne BERTRON
(1775-1809)
  Sophie GRANGER
(1796-1882)
François Louis MERCIER
(1769-1840)
  Henry MERCIER
(1802-1856)
     
François MERCIER
(1798-1887)
  Sophie Désirée MERCIER
(1826-1882)
Désirée URSEAU
(1796-1867)
  Stanislas Charles de BÉRÜE
(1822-1892)
     
Amélie MERCIER
(1831-1869)
  Marie Zoé de BÉRÜE
(1847-1929)
Edme de BÉRÜE
(1823-1885)
   
   
Stéphanie de BÉRÜE
(1852-1935)
 

En 1869, selon l'acte de mariage de Marie Zoé de BÉRÜE avec Félix TOURNIER, le couple habitait 127 rue du Cherche midi (Paris XVe) tandis que le domicile des parents de l'épouse se trouvait au 6 rue Traverse (Paris VIIe – devenue rue Pierre-Leroux fin 1885). Les parents de Marie Zoé étaient toujours à Paris en 1877, d'après l'acte de décès de Zoé TALVAT, la mère d'Edme et Stanislas Charles.

En 1873, lors de la naissance de sa fille Marie Rose (future première épouse de mon grand-père), le couple TOURNIER habitait 33 rue des Missions (aujourd'hui rue de l'abbé Grégoire – Paris VIe).

Quand Stéphanie résidait à Paris en 1874, il ne serait pas étonnant qu'elle ait logé chez son oncle Stanislas Charles de BÉRÜE. Le domicile de Paul DUPLAN, 4 rue Bertrand, Paris VIIe, n'était alors qu'à quelques pâtés d'immeubles de l'adresse de Stanislas Charles comme de celle de Félix TOURNIER et de son épouse Marie Zoé de BÉRÜE. Paul et Stéphanie n'avaient pas les mêmes origines géographiques et sociales, mais le simple hasard peut expliquer leur rencontre à Paris. Paul DUPLAN aurait pu, par exemple, rencontrer Stéphanie dans le commerce où elle était employée, ou encore être en relation avec Félix TOURNIER ou Stanislas Charles de BÉRÜE.

Toutefois, l'engagement de mon arrière-grand-père dans les Zouaves Pontificaux puis les Volontaires de l'Ouest semble avoir joué un rôle dans la création de liens entre Paul et la famille de Stéphanie. Les paragraphes suivants vont explorer quelques hypothèses dans ce sens.

L'armée de la Loire dans la Mayenne

Au moment de l'armistice du 28 janvier 1871, l'armée de la Loire, à laquelle étaient rattachés les Volontaires de l'Ouest, était déployée le long du cours de la Mayenne (Château-Gontier, Laval, Mayenne…).

Selon la tradition familiale, c'est à cette période, et grâce à cette présence dans la zone des familles MERCIER – de BÉRÜE, que mon arrière-grand-père aurait noué des relations avec celles-ci. Mais cette explication repose autant sur le hasard que l'hypothèse d'une rencontre à Paris. Des pistes moins aléatoires sont suggérées par le passage dans les Zouaves Pontificaux de Paul DUPLAN en même temps que des membres de la famille de Stéphanie.

Les pistes passant par les Zouaves Pontificaux

Les cousins BELON

Deux cousins, du côté MERCIER, de Stéphanie de BÉRÜE ont fait partie des Zouaves Pontificaux ; il s'agit de Félix BELON et de son frère Gabriel :

  Mathurin MERCIER
(1714-1780)
 
  Louise HUET
(1714-1764)
 
   
     
François Louis MERCIER
(1741-1796)
  Pierre MERCIER
(1748-1807)
Françoise HANTRY
(1748-1795)
  Lucrèce TOUZÉ
(1748-1800)
     
François Louis MERCIER
(1769-1840)
  Félix MERCIER-la-VENDÉE
(1781-1846)
Anne BERTRON
(1775-1809)
  Françoise RICHOU
(1778-1858)
     
François MERCIER
(1798-1887)
  Lucrèce MERCIER-la-VENDÉE
(1817-1864)
Désirée URSEAU
(1796-1867)
  Victor BELON
(1806-1876)
     
Amélie MERCIER
(1831-1869)
  Félix BELON
(1841-1871)
Edme de BÉRÜE
(1823-1885)
  Gabriel BELON
(1849-1901)
   
Stéphanie de BÉRÜE
(1852-1935)
 

Le cadet des frères BELON, Gabriel, né en 1849, était plus jeune que Paul DUPLAN de quelques mois ; il a fait partie des Zouaves Pontificaux de juin 1867 à juin 1868, ce qui donne une période commune avec Paul DUPLAN au premier semestre 1868. Par contre, il n'a pu rejoindre les Volontaires de l'Ouest pour la guerre de 70, car il était déjà enrôlé dans le 29e régiment des Mobiles de Maine-et-Loire quand le corps des Volontaires de l'Ouest a été créé.

L'aîné, Félix, né en 1841, avait quelques années de plus que Paul DUPLAN ; il a participé à l'intégralité de l'histoire des Zouaves Pontificaux, de la création (1er janvier 1861) à la dissolution (20 septembre 1870, suite à la prise de Rome par l'armée italienne) ; son arrivée dans les forces armées pontificales a même précédé la création des Zouaves Pontificaux, puisqu'il s'est engagé dans l'unité qui leur a donné naissance, le bataillon franco-belge, dès le 8 juin 1860, avec le matricule n° 96. Il a gravi les échelons jusqu'au grade de capitaine. Après son retour en France, fin septembre 1870, il a fait partie du noyau initial des Zouaves Pontificaux transformés en Volontaires de l'Ouest pour combattre les Prussiens. Il est mort lors des combats devant le Mans, le 11 janvier 1871, à Yvré-l'Évêque.

Vitrail Félix BELON

Vitrail représentant Félix BELON (1841-1871)
Chapelle des Zouaves à Yvré-l'Évêque

Compte tenu de la continuité de la carrière de Félix BELON dans les Zouaves Pontificaux, puis les Volontaires de l'Ouest, c'est avec lui que Paul DUPLAN a eu le plus de chance d'être en relation. Félix BELON a été enterré au Lion-d'Angers le 17 avril 1871, devant une nombreuse assistance. On sait que François MERCIER, le grand-père de Stéphanie, natif du Lion-d'Angers, était resté en relation avec la branche MERCIER-la-VENDÉE (cf. MERCIER-LA-VENDÉE dans la mémoire familiale). On peut imaginer que le grand-père et la petite-fille ont assisté à ces funérailles, en tant que membres de la famille au sens large, et que nombreux compagnons d'armes du cousin devaient également être présents.

La rencontre des frères BELON chez les Zouaves Pontificaux, ou les Volontaires de l'Ouest, constitue une première hypothèse ne reposant pas simplement sur le hasard pour expliquer comment mon arrière-grand-père est entré en relations avec les familles MERCIER et de BÉRÜE.

L'oncle Hyacinthe

Un frère du père de Stéphanie, Hyacinthe de BÉRÜE (1825-1868), a également fait partie des Zouaves Pontificaux. Il s'est engagé deux fois, la première pour la période du 21 janvier 1861 au 30 juin 1862, et la seconde à partir du 23 novembre 1867 (l'effet Mentana signalé ici, à propos de Paul DUPLAN) jusqu'à son décès de maladie à l'hôpital militaire de Rome, le 25 novembre 1868. L'engagement de Paul DUPLAN recouvrant cette seconde période, Hyacinthe de BÉRÜE et mon arrière-grand-père ont pu se rencontrer en Italie. C'est une autre occasion pour mon arrière-grand-père d'entrer en relations avec la famille de BÉRÜE.

Le père de Stéphanie

Le propre père de Stéphanie de BÉRÜE, Edme de BÉRÜE, s'est engagé le 11 novembre 1870, à l'âge de 48 ans, comme lieutenant aux éclaireurs du Maine et Loire, un corps de francs-tireurs créé le 18 octobre 1870. Le temps de rassembler et de former les volontaires, ce corps n'a rejoint le front que dans les dernières semaines de la guerre, pour les combats devant Le Mans, où ils se sont retrouvés aux côtés des Volontaires de l'Ouest. On peut supposer qu'Edme en a profité pour entrer en contact avec les Volontaires de l'Ouest qui avaient connu son frère Hyacinthe à Rome.