Les DUPLAN du Gers

L’origine du nom de famille

Le nom de famille DUPLAN désigne celui qui habite un lieu-dit "le Plan" (plateau), ou qui en est originaire. C'est un nom de famille peu répandu, puisqu'il n'apparait qu'au 3 322ième rang dans le classement des noms les plus portés en France.

L'analyse de la répartition des naissances de porteurs du nom DUPLAN sur la période 1891-1915, avant que l'exode vers les grandes métropoles ne fausse trop la recherche du terroir de départ, met en évidence deux zones d'origine du nom, la première dans le Sud-Est (Ardèche, Vaucluse, Gard...) et la seconde dans le Sud-Ouest (Hautes-Pyrénées, Lot-et-Garonne, Gers...), le Sud-Est rassemblant deux fois plus de naissances que le Sud-Ouest.Ces données sont tirées du site "geopatronyme" (www.geopatronyme.com), qui constitue la source la plus sérieuse sur la popularité des noms de famille en France entre 1891 et 1990. En effet, il exploite le fichier des communes de naissance réalisé par l'INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques), qui rassemble les noms, prénoms, dates et lieux de naissance des personnes nées depuis 1945 et de celles nées avant 1945 et encore vivantes en 1970. Ce fichier répertorie 1 329 359 noms !

Comme le montre la suite de cette page, mes ancêtres DUPLAN viennent du Sud-Ouest et plus précisément du Gers.

Ascendance par les hommes

Le schéma suivant présente la filiation des porteurs du nom DUPLAN, des plus anciens dont la trace a pu être trouvée, jusqu’à mon arrière grand-père, le dernier à être né dans le Gers. Pour éviter toute confusion, les François DUPLAN de l’arbre ci-dessous sont numérotés François I (1722-1788) et François II (1770-1840).

symboles : ° = naissance, x = mariage, † = décès

Étienne DUPLAN
Jeanne JUNQUA
x 1698 Lahas
François I DUPLAN
° 1722 Lahas
† 14.2.1788 Escornebœuf
Pierrette FOURCADE
° 11.12.1740 Escornebœuf
† 25.10.1808 Escornebœuf
x 21.6.1768 Escornebœuf
François II DUPLAN
° 31.10.1770 Escornebœuf
† 6.1.1840 Escornebœuf
Jeanne Marie MEILHAN
° 26.2.1778 Nougaroulet
† 23.3.1851 Escornebœuf
x 8.7.1806 Escornebœuf
Jean-Baptiste DUPLAN
° 30.4.1807 Escornebœuf
† 15.12.1862 Gimont
Catherine COLLONGUES
° 25.11.1809 Aubiet
† 10.4.1887 Gimont
x 19.11.1833 Escornebœuf
Paul DUPLAN
° 12.10.1848 Gimont
† 12.2.1920 Andouillé

Une particularité de cet arbre est qu’il enchaine des générations plus espacées que la moyenne. Alors que l’ordre de grandeur habituellement retenu pour l'écart entre générations est la trentaine d’années, l’ascendance DUPLAN donne des valeurs supérieures. D’Étienne, le plus ancien ancêtre DUPLAN identifié, né dans les années 1670, à Francis, mon grand-père, né en 1876, on couvre environ 200 ans en seulement 5 générations, soit une moyenne de 40 ans par génération. Si l’on considère les mariages gersois, l’écart entre générations est encore supérieur : entre le premier mariage dont on a retrouvé la trace et le dernier célébré dans le Gers, l’écart moyen atteint 45 ans (1698-1833 en 3 générations).

Cette valeur élevée est essentiellement due aux 70 ans qui séparent les deux premiers mariages, et qui résultent de la combinaison de deux éléments :

Les générations suivantes ne compensent pas cet écart:

Ascendance par les femmes

symboles : ° = naissance, x = mariage, † = décès

Bertrand ESTRADE
Marie VIGNES
x ?
Jean CALAMY
° 24.11.1727 Sarrancolin
† ?
Thérèse ESTRADE
° 9.2.1719 Ilhet
† ?
x 16.5.1747 Sarrancolin
Paul BOURGADE
° 8.4.1739 Aubiet
† 7.8.1794 Aubiet
Jeanne Marie CALAMY
° 27.9.1748 Sarrancolin
† 22.4.1785 Aubiet
x 3.7.1770 Aubiet
Joseph COLLONGUES
° 18.12.1762 Saramon
† ?
Marie BOURGADE
° 15.10.1774 Aubiet
† ?
x 19.5.1795 Aubiet
Jean-Baptiste DUPLAN
° 30.4.1807 Escornebœuf
† 15.12.1862 Gimont
Catherine COLLONGUES
° 25.11.1809 Aubiet
† 10.4.1887 Gimont
x 19.11.1833 Escornebœuf
Paul DUPLAN
° 12.10.1848 Gimont
† 12.2.1920 Andouillé

Lieux d’origine

Tous les DUPLAN retrouvés sont originaires de Gimont et des environs. Le premier ancêtre pour lequel on dispose d’éléments précis, François I, est né à Lahas (9 km de Gimont); il résidait à Noilhan avant son mariage (12 km de Gimont), et, après celui-ci, il s’est établi à Escornebœuf (limitrophe de Gimont), lieu que la famille de son épouse, les FOURCADE, habitait depuis plusieurs générations. Vers 1840, après le décès de François II, son fils Jean Baptiste a quitté Escornebœuf pour s'installer à Gimont, où mon arrière grand-père, Paul, est né en 1848.

Dans l’ascendance par les femmes, les générations les plus récentes sont également originaires des environs de Gimont : les familles COLLONGUES et BOURGADE résidaient à Aubiet, commune limitrophe de Gimont, et Joseph COLLONGUES était né à Saramon, à 16 km de Gimont. Les générations plus anciennes nous amènent dans les Hautes-Pyrénées, avec les familles CALAMY, de Sarancolin, et ESTRADE, d’Ilhet, deux communes limitrophes dans la vallée d’Aure.

Les marqueurs sur la carte ci-dessous situent les communes citées dans les deux ascendances:

Les libellés des marqueurs ne s'affichent pas quand ceux-ci sont trop proches;
il suffit de zoomer pour les écarter.
Le détail des évènements apparait quand on clique sur les marqueurs

Professions

Le dernier des DUPLAN purement gersois, Jean-Baptiste (1807-1862), était tailleur d’habits. Paul, son fils, le futur zouave pontifical, commis au ministère de la Guerre et pharmacien, apparaît également comme tailleur d’habits dans le recensement de Gimont de 1861 (il était alors âgé de 13 ans).

Les ancêtres DUPLAN qui précèdent, et pour lesquels on dispose d'indications (dans les registres paroissiaux, la plupart des actes ne précisent rien), étaient des paysans :

Leurs épouses étaient filles de cultivateur (Catherine COLLONGUES), charpentier (Jeanne Marie MEILHAN) ou brassier (Pierrette FOURCADE).

Du côté de l’ascendance par les femmes, on retrouve également des paysans dans les générations les plus proches :

Quand on arrive dans les Pyrénées, avec les générations les plus anciennes, d'autres catégories professionnelles apparaissent. Jean CALAMY, est maçon (et fils de maçon) lorsqu’il se marie avec Thérèse ESTRADE en 1747, mais, en 1770, lors du mariage de sa fille avec Paul BOURGADE, il est devenu inspecteur des mines.

Les mines de Sarrancolin

Quelles étaient donc ces mines qu’on inspectait à Sarrancolin vers 1770 ? Aujourd’hui, la commune de Sarrancolin est surtout connue pour son marbre. Mais au XVIIIe siècle, les activités locales étaient plus diversifiées, et on y exploitait une mine de fer. En effet, dans la France préindustrielle, il existait une multitude de petites mines de fer ; elles étaient associées à des fonderies pour transformer le minerai en métal, en utilisant le charbon de bois fourni par les forêts des environs et la force hydraulique des cours d’eau. En particulier, plus de 150 sites étaient actifs à la fin du XVIIIe siècle en Comminges et Bigorre. Ces exploitations étaient très artisanales et chacune ne rassemblait pas plus d’une dizaine de personnes. Celle de Sarrancolin a cessé son activité vers la fin du XVIIIe siècle :

Il y a quarante ans qu'on exploitoit une mine de fer sur la montagne qui s'élève au nord-est d'Ilhet. L'usine qui servoit à fondre le minéral étoit sur la rive droite de la Neste, entre Sarrancolin et Rebouc, mais la rivière ayant emporté les fourneaux, la mine fut abandonnée; l'abondance des combustibles, la facilité des moyens d'exploitation, le voisinage d'une grande route et d'une rivière flottable, semblent assurer de grands succès aux entrepreneurs qui tenteront le rétablissement de cette usine. (Itinéraire descriptif et pittoresque des Hautes-Pyrénées françoises - tome III page 21 - Pierre-Toussaint de La Boulinière - 1825)

On retrouve l’installation décrite ci-dessus dans cet extrait d’une carte contemporaine du mariage BOURGADE-CALAMY (carte de France dite de Cassini, feuille n°75 – Tarbes – réalisée à partir de relevés sur le terrain en 1768-1770).

Carte de Sarrancolin

Le statut d’un inspecteur des mines à Sarrancolin vers 1770 était certainement très différent de celui d’un ingénieur des Mines d’aujourd’hui ! Relevait-il d’une organisation locale ou était-il rattaché à une administration nationale ? Voilà un sujet pour de futures recherches.

Pauvres et vertueux

Comme on vient de le voir, les DUPLAN appartenaient aux classes les plus modestes.

Deux ancêtres DUPLAN sont morts dans le Gers au XIXe siècle, François II, en 1840 à Escornebœuf et son fils Jean Baptiste, en 1862 à Gimont. Après chacun de ces décès, la famille a obtenu du maire concerné un certificat d’indigence. L’intérêt de ce certificat, c’est qu’il permet d’être exonéré d’un certain nombre de frais. Mais quand il s’agit de payer des taxes, les gens ont tendance à se dire plus pauvres qu’ils ne le sont. Les DUPLAN n’étaient peut-être pas aussi indigents qu’ils l’affirmaient : François II était propriétaire de son domicile à Escornebœuf; en 1844, ses héritiers finiront par payer des droits de succession sur la maison du défunt. Quant à Jean-Baptiste, s’il n’était pas le propriétaire de son domicile à Gimont, c’est parce qu’il appartenait à son épouse, Catherine COLLONGUES.

En tout cas, la modestie de la situation de la famille se manifeste en 1860 dans le contrat de mariage de la sœur aînée de Paul DUPLAN, Jeanne Alexandrine. Ce contrat précise que sa dot est assurée par un prix décerné aux filles pauvres et vertueuses :

La future épouse apporte en mariage et se constitue personnellement en dot une somme de deux cents francs qui lui a été accordée et payée, comme fille pauvre et vertueuse, par MM. les administrateurs de l'hospice de Gimont, assistés de douze notables, pour le prix fondé par M. de Montgaillard suivant son testament public reçu par Me Dupré, notaire à Gimont, le vingt-quatre mai mil sept cent quatre-vingt deux, laquelle somme de deux cents francs lui a été présentement payée par M. Jean-Jacques-Pierre Clauzet, percepteur des contributions directes à la résidence de Gimont, à ce intervenu en sa qualité de trésorier de l'hospice, auquel elle en fournit quittance.

La future épouse va employer cette somme à l'achat d'un lit garni, d'une armoire, de draps de lit, de linge de table et autres effets mobiliers, qui lui appartiendront en propre et qu'elle aura le droit de reprendre en anture à la dissolution de la société d'acquêts, jusqu'à concurrence de deux cents francs, ainsi que tous les habits, linges et hardes à son usage personnel, le tout avant partage des acquêts.

Misère des généalogies gersoises

L’ascendance DUPLAN atteint ses limites plus tôt que les autres branches pour plusieurs raisons :