La maison de Vitré

Les de BÉRÜE à Vitré

La famille "de BÉRÜE" a été domiciliée à Vitré pendant deux siècles :

L'économie de Vitré étant entrée en léthargie au cours du XVIIe siècle, l'essentiel de la vieille ville a peu évolué depuis cette époque, ce qui permet d'espérer retrouver la maison des ancêtres. On a déjà une idée de sa localisation à travers de multiples actes d'état civil concernant les de BÉRÜE, qui précisent que ceux-ci habitaient une maison de la porte d'En-Bas (variante "Embas"). La porte d'En-Bas était un des éléments des fortifications de Vitré ; elle correspond au repère n° 7 sur ce plan simplifié de la ville fortifiée, telle qu'elle se présentait à l'époque où la famille de BÉRÜE y habitait :

plan d'ensemble de Vitré autrefois

La maison dans le cadastre ancien

Le cadastre du début du XIXe siècle permet de retrouver les numéros de parcelles à partir du nom des propriétaires, puis de localiser ces parcelles sur des plans établis en 1811. Il nous apprend que la famille de BÉRÜE était propriétaire des parcelles n°612 (maison et cour) et 613 (jardin) :

extrait du cadastre Vitré, détail
Plan du cadastre de la porte d'En-Bas (1811)

Ce plan nous montre donc que les "de BÉRÜE" occupaient une maison (n°612), qui était adossée à la tour nord de la porte d'En-Bas (n°611), et au rempart qui allait de la porte d'En-Bas au château, avec un jardin (n°613) qui jouxtait la cour du château de Vitré.

Depuis quand ?

Un document trouvé aux archives départementales d’Ille-et-Vilaine, qui résume les acquisitions foncières de la famille "de BÉRÜE" entre 1511 et 1675, nous apprend que le 16me may 1648 maitre jacque deberue a acquis judiciellement davec janne bonnequant les maisons cour et terres de la porte denbas dudit vitré pour 1200 lt [livres tournois] de principal.

achat maison à Vitré

On aurait tendance à conclure immédiatement que cette maison achetée en 1648 est celle que la famille possédait toujours en 1847. Mais fin XVIIe/ début XVIIIe, tandis que le domicile de mon ancêtre Jean de BÉRÜE correspondait aux parcelles n°612 et 613, Pierre, son frère aîné, habitait presque en face, dans la maison correspondant à la parcelle n°956. On peut donc se demander si la maison achetée en 1648 par Jacques de BÉRÜE, le père de Pierre et Jean, est celle de l'aîné ou celle du cadet ; il semble quand même qu'il est plus logique d'associer la maison de 1648 aux parcelles n°612 et 613.

En tout cas, Jean de BÉRÜE était installé sur ces parcelles avant 1690. En effet, lors d'une inspection des murailles de la ville en 1705, il a prouvé que ses travaux touchant aux remparts avaient été autorisés en produisant une lettre du 5 août 1690 que lui avait adressé l'intendant du duc de la Trémoille :
Si Monsieur Frain à qui vous avez fait voir l'état de votre maison et le procès-verbal que vous avez fait faire, trouve, Monsieur, les choses que vous demandez justes, Son Altesse vous permet de mettre vos poutres dans les murs de la ville, si elles y étaient autrefois et de couvrir le haut des murailles, en cet endroit, pour empêcher la pourriture de vos poutres.

La porte d'En-Bas autrefois

Une peinture et un dessin de la première moitié du XIXe siècle donnent une idée de ce qu'était la porte d'En-Bas à une époque où la famille de BÉRÜE habitait encore Vitré.

la porte d'en-bas avant les démolitions
La porte d'En-Bas, vue de l'extérieur, côté Sud-Est

la porte d'en-bas avant les démolitions
La porte d'En-Bas, vue de la rue

La maison aujourd'hui

Au milieu du XIXe siècle, les travaux d'urbanisme ont entrainé la démolition d'une partie des fortifications ; ont ainsi disparu le rempart entre le château et la porte d'En-Bas et la partie nord de la porte d'En-Bas, dont il ne subsiste aujourd'hui que la tour sud (n°958 du cadastre ancien). On remarque combien le comblement des fossés a changé l'apparence de ce qui reste des fortifications, en réduisant fortement la hauteur des murailles.

vue d'ensemble
La maison des de BÉRÜE correspond au bâtiment blanc, avec des volets bleus, au dessus des vestiges des remparts. Mais ce qu'on voit est une construction de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle. Ce n'est certainement pas la maison du XVIIe, dont les poutres étaient engagées dans le rempart et protégées par une galerie couvrant le chemin de ronde, supportée par les parapets intérieurs et extérieurs : tous ces éléments ont disparu au XIXe siècle. Une enquête complémentaire reste à mener pour identifier ce qui reste de la maison du XVIIe sous ces parties plus contemporaines.

le jardin vu du château
En prenant des photos du haut d'une tour du château, on découvre le jardin de la maison des de BÉRÜE (parcelle n°613 du cadastre ancien). On constate alors que ce jardin se trouve au même niveau que la place du château, dont il n'est séparé que par un mur.

le jardin vu de la place du château
Dans cette vue de la place du château, on aperçoit les arbres, le mur et la porte du jardin derrière le monument aux morts.

la rue d'en-bas
Quand on rentre dans la vieille ville par la rue d'En-Bas, on trouve sur sa gauche, derrière des barrières qui éloigne les piétons d'éventuelles chutes de pierres, un reste des murs de la tour nord de la porte d'En-Bas. L'ancienne maison des de BÉRÜE est toujours là, appuyée sur ce bout de mur.

le porche d'entrée
L'ancienne maison de BÉRÜE correspond à la partie à gauche du porche.

la cour côté porche
On passe le porche et on arrive dans la cour : l'ancienne maison de BÉRÜE est sur la droite. On distingue facilement la partie ancienne à côté du porche, et, à 90 degrés, la partie rénovée ou reconstruite, peinte en blanc.

haut du côté porche
Quand on tourne ses regards sur le haut de la partie ancienne, on découvre qu'elle porte un étage ajouté (ou rénové) plus moderne.

la tour d'escalier
Selon l'ancien cadastre, les de BÉRÜE étaient également propriétaires du dernier étage de la tour de l'escalier de la maison mitoyenne, de l'autre côté du porche, (on a toujours besoin d'espace de rangement).

cour côté jardin
En se tournant vers le château, on apprécie mieux la différence de niveau entre la cour et le jardin.