MERCIER-LA-VENDÉE, compagnon de CADOUDAL

Objectifs et sources de cette page

Objectifs

Cette page se limite à présenter quelques informations sur le rôle de MERCIER-LA-VENDÉE dans les évènements de l’Ouest entre 1793 et 1801, tout en rappelant les principaux éléments du contexte. Elle ne peut prétendre décrire 10 ans de bouleversements de la société, avec ses émeutes, coups d’état, conflits extérieurs et guerres civiles. Si vous souhaitez entrer dans le détail des opérations politiques et militaires de l’époque, il existe de nombreux livres sur le sujet (et quelques articles de Wikipédia si vous vous limitez à Internet).

Sources

Une des principales sources de cette page est le livre consacré à MERCIER-LA-VENDÉE par Pierre COCHARD (1911-2006), un historien amateur issu d’une famille du Lion-d’Angers. Ce livre a été édité une première fois en 1989 sous le titre « Pierre MERCIER LA VENDÉE Compagnon de CADOUDAL »; il a été réédité artisanalement en 2001 sous le titre « L’épopée bretonne du frère d’armes de Georges Cadoudal PIERRE MERCIER dit ‘LA VENDÉE’ ». En particulier, les cartes dessinées à la main et signées P.C. sont tirées de cet ouvrage.

Une autre source importante est un épais volume de 476 pages : « Georges Cadoudal et la chouannerie, par son neveu Georges de Cadoudal » (on notera qu'une particule s'est ajoutée lors du passage de l'oncle au neveu: la famille a été anoblie par Louis XVIII). L'auteur est le neveu de CADOUDAL évoqué plus loin dans cette page (1871 – CADOUDAL et MERCIER-LA-VENDÉE à nouveau réunis), celui qui a retrouvé les restes de MERCIER-LA-VENDÉE pour les associer à ceux de son oncle dans le mausolée de Kerléano; il est décédé en 1885 mais son livre n'a été publié qu'en 1887.

Enfin, les deux cartes qui illustrent les opérations de 1793 ont été trouvées sur le site d'Alain Houot ("www.monatlas.fr", qui a malheureusement disparu de la toile suite au décès de son créateur fin 2017).

Les origines de l’insurrection

Le premier facteur à l’origine de l’insurrection a été le conflit entre la République et le clergé fidèle à Rome. La constitution civile du clergé, votée en juillet 1790, avait été condamnée par le pape en mars et avril 1791. Comme le gouvernement exigeait du clergé un serment de fidélité à la loi (et donc implicitement à la constitution civile du clergé), celui-ci s’est partagé entre jureurs (schismatiques pour Rome) et réfractaires (hors-la-loi pour Paris). Compte-tenu du rôle central des prêtres dans la vie des paroisses (l’équivalent des communes rurales d’aujourd’hui), la persécution du clergé réfractaire a fortement pesé dans l’opposition des campagnes de l’Ouest à la République.

Le second facteur, c’est la levée de 300 000 hommes, décrétée le 24 février 1793. Elle touchait la population encore plus directement que les mesures concernant le clergé : c’est pour cette raison qu’elle a constitué l’élément déclencheur de l’insurrection.

D’autres facteurs ont certainement joué : politiques, comme la fidélité au roi (internement du roi et de sa famille au Temple le 13 août 1792, exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793), ou sociologiques, comme les conflits d’intérêts entre noblesse, bourgeoisie et paysannerie… mais les deux facteurs principaux restent la persécution du clergé réfractaire et la réquisition des hommes pour l’armée : tous les traités de paix entre la République et les insurgés ont cherché, en priorité, à régler ces deux points. Ils prévoyaient, dans les zones concernées, d’une part, l’acceptation du clergé réfractaire et, d’autre part, le relâchement des contraintes militaires (dispenses pour travaux agricoles, remplacement du service national par un service local…).

Les méthodes de la chouannerie

En dehors des campagnes de 1793 et de l’accompagnement du débarquement de Quiberon à l’été 1795, les opérations auxquelles Pierre MERCIER a participé entre juin 1793 et janvier 1801 ont majoritairement relevé de la guérilla. Les combattants n’étaient rassemblés qu’en nombre limité et pour des durées réduites, puis ils se dispersaient dans la population et retournaient à la clandestinité.

Les objectifs étaient d’empêcher le fonctionnement de l’administration républicaine (approvisionnements, collecte des impôts…), de contrôler le territoire par des coups de main contre les détachements militaires, et d’intimider les indécis, par des extorsions de fonds auprès des acheteurs de biens nationaux, et par des exécutions de militants républicains et de prêtres « jureurs ». Pour mener à bien ces activités, il fallait se procurer des armes, des munitions et de l’argent, en attaquant les convois les transportant, ou en organisant des débarquements de matériels et de fonds fournis par l’Angleterre. L’objectif ultime était de préparer le terrain pour l’intervention d’armées régulières venues de l’extérieur afin de rétablir la royauté. Le débarquement de Quiberon constitue la seule concrétisation des nombreux plans échafaudés dans ce but. MERCIER-LA-VENDÉE a laissé un texte où il explique cette stratégie :

[…] des insurrections partielles de paysans n'auraient de résultats que l'effusion inutile du sang humain, parce que, sans armée régulière, on ne peut calculer ses opérations, et vous n'en pouvez former une, si l'Angleterre ne débarque sur vos côtes un corps de troupe assez nombreux pour protéger la formation de cette armée et lui fournir, au moins dans les premiers moments, des secours en argent et en munitions. […]

Mais les Britanniques n’envisageaient d’intervenir que quand l’essentiel des forces républicaines était retenu loin de la Bretagne par une situation difficile aux frontières. Les insurgés attendaient donc le bonheur de la France de ses défaites. MERCIER-LA-VENDÉE était bien conscient des risques de cette stratégie, comme le montrent ces extraits du texte déjà cité plus haut :

[…] les souverains semblent avoir reconnu enfin que l'unique moyen d'arrêter les progrès de l'incendie qui menace de dévorer toute l'Europe, c'est de réunir leurs forces contre les ennemis de tout ordre social, de détruire en France le républicanisme et de rétablir une monarchie : il est donc encore permis d'espérer une coalition nouvelle […] Mais il est difficile d'en attendre un parfait accord, une confiance réciproque entre les différents cabinets, un ensemble d'opérations combinées sur les seuls principes d'un honneur chevaleresque et d'un désintéressement absolu. […] Plusieurs cabinets doivent désirer et désirent sans doute que la France reprenne son rang parmi les puissances de l'Europe ; mais peut-être aussi d'autres cabinets se proposent-ils d'affaiblir la France, soit par la diminution de son territoire, soit de la paralyser par l’établissement d'un système de gouvernement différent de celui sous lequel elle a prospéré. […] Quelles que soient leurs arrière-pensées, la prudence ne permet pas de repousser les recours qu'elles (les puissances étrangères) peuvent offrir au royalisme; mais elle n'en commande que plus impérieusement de contempler en secret l'influence que doit avoir l'intervention des puissances étrangères sur la destinée de la France, et de calculer leur politique à venir sur leur politique passée. […] Pour que le Roi reçoive sans danger les secours étrangers, il faut qu'il puisse s'en passer avant la fin de la première campagne […]

1793 – Les débuts de l'insurrection catholique et royale

Premier semestre 1793

Carte des guerres de l'Ouest mars-juin 1793

L'insurrection débute en mars 1793 dans les Mauges, la partie située au sud de la Loire de l'actuel Maine-et-Loire. Une grande armée catholique et royale se constitue, qui étend son contrôle au nord, avec la prise de Saumur le 10 juin et d'Angers le 18 juin.

Pierre MERCIER, alors âgé de presque 19 ans, la rejoint à ce moment là; il participe à ses premiers grands combats lors de l'attaque de Nantes les 28 et 29 juin 1793. C'est un échec, à la suite duquel l'armée catholique et royale repasse sur la rive gauche de la Loire.

Second semestre 1793

Carte des guerres de l'Ouest juillet-decembre 1793

Les combats se poursuivent en Vendée ; Pierre MERCIER va y gagner ses premiers galons et son surnom de MERCIER-LA-VENDÉE. Il va également s’y lier avec un jeune Morbihannais, Georges CADOUDAL.

Le 17 octobre 1793, KLÉBER repousse l'armée catholique et royale à Cholet. Elle repasse sur la rive droite de la Loire et entame un étonnant périple, connu sous l'expression de "virée de galerne" (la galerne étant le nom local d'un vent du nord). L'armée catholique et royale remonte jusqu'à Granville (avec bien entendu des combats en cours de route), où elle arrive le 13 novembre, dans l'attente d'une flotte apportant un renfort des émigrés. Rien ne venant et Granville résistant, elle repart vers le sud, entre au Mans le 10 décembre avant d'en être chassée le 14, avec de très lourdes pertes. Le périple se termine le 23 décembre 1793, à Savenay, près de Nantes, où les restes de l'armée catholique et royale se font tailler en pièces. Citons quelques phrases du rapport du général WESTERMANN :

[…] Nous fîmes une boucherie horrible […] Partout on ne voyait que des monceaux de morts […] C'est ainsi qu'une armée forte, au Mans, le 22 frimaire, de 80 à 90 mille hommes, fut complettement détruite dans 12 jours, par le génie et le courage des soldats républicains, qui tous, pour ainsi dire, ont amassé des trésors des dépouilles des ennemis de la République.

Les rescapés de l'armée catholique et royale se dispersent en petites bandes qui vont poursuivre leur lutte dans différentes régions de l'Ouest, le plus souvent sous la forme de guérillas (chouannerie), même si on retrouve parfois des actions de guerre classique. MERCIER-LA-VENDÉE et CADOUDAL font partie de ces survivants: ils ont réussi une percée à travers les troupes républicaines qui leur a permis d’échapper au sort de leurs camarades.

1794-1795 – Première chouannerie

Janvier - octobre 1794 – Installation dans le Morbihan et passage par la prison

Carte de Kerléano et du Morbihan

CADOUDAL et MERCIER-LA-VENDÉE se replient dans le Morbihan, d'où CADOUDAL est originaire (on y trouve un hameau de Cadoudal, qui serait le berceau de la famille). Ils arrivent dans la propriété familiale, à Kerléano, près d'Auray, le 6 janvier 1794. Pendant le premier semestre de 1794, ils œuvrent à la mise sur pieds d'un réseau insurrectionnel ; leurs activités attirent l'attention des gendarmes et ils sont arrêtés, ainsi que la famille CADOUDAL, au soir du 29 juin 1794, emprisonnés à Auray le 30 juin, puis transférés et écroués à Brest le 16 août. Ils réussissent à s'en échapper en octobre 1794.

On peut trouver, aux archives départementales du Morbihan, une lettre écrite de sa prison par Pierre MERCIER à ses parents, et qui ne leur a jamais été transmise :

Au citoyen Mercier, rue Trouvée à Château-Gontier

À la prison d'Auray, 13 Juillet 1794

Mes chers parents,

Il m'était autrefois bien doux et bien agréable de pouvoir m'entretenir avec vous. Mais aujourd'hui que je suis pris je ne puis me procurer ce plaisir sans renouveler la douleur que vous avez éprouvée en apprenant l'arrestation de votre fils. Ah ! que vous écrire est quelque chose de pénible pour moi…

Dans la crainte qu'une lettre que je vous écrivis le lendemain de la St Pierre ne vous soit pas parvenue, je vous annonce que j'ai été arrêté le soir de la fête de St Pierre. J'étais armé de trois pistolets, de quelques cartouches et d'un sac à balles que je destinais à mettre en cartouches.

J'ai été conduit en prison, ainsi que le jeune homme qui m'avait donné l'hospitalité. Sa famille ignorait que je fusse chez elle, cependant ses parents et son frère gémissent dans la même prison que moi. J'ignore quand l'administration reconnaissant leur innocence les rendra à leurs travaux.

Quant à moi, je paierai de ma tête. J'attends ce moment avec la sérénité d'un catholique qui ne voit dans la mort que la jouissance d'un bonheur pur inaltérable et éternel, bonheur que Dieu prépare à l'homme vertueux fidèle à son devoir et à sa religion.

J'ai un secret bien précieux à mon cœur à déposer dans le sein de ma famille. Je demande à voir mon père ou un ami à qui je puisse le confier. Les égards que mérite ma conduite me font espérer que mes concitoyens permettent à mon père de venir voir son fils.

Je suis, avec les sentiments les plus tendres, mes chers parents, votre fils,

P. Mercier

N.B. J'attends une réponse prompte car je ne sais pas de combien de jours le ciel me permet encore de jouir.

P.S. Puisque je ne vous parle pas de ceux avec qui je suis lié par les liens du sang et de l'amitié, dites leur que je ne les oublie point, que je suis toujours le même à leur égard.

Fin 1794 - début 1795 – Premiers combats dans le Morbihan

Après leur évasion, CADOUDAL et MERCIER-LA-VENDÉE reprennent, dans la clandestinité, leurs activités dans le Morbihan. CADOUDAL est proclamé colonel de la division d’Auray ; il désigne MERCIER-LA-VENDÉE comme un de ses lieutenants, chargé du canton d’Hennebont. Une des premières opérations de celui-ci est la prise de Guéméné-sur-Scorff, le 27 janvier 1795, et son occupation pendant quelques heures.

Février 1795 – Première suspension d'armes

Après la chute de Robespierre (renversé le 27 juillet 1794 – 9 thermidor an II – guillotiné le 28), la République change de stratégie et recherche l'apaisement ; des négociations avec les insurgés royalistes sont entamées fin décembre 1794. Une trêve est conclue le 3 février 1795, puis un traité de paix le 20 avril 1795. CADOUDAL refuse de le signer, comme la majorité des chefs royalistes; il respecte néanmoins la suspension d’armes.

1795-1796 – Deuxième chouannerie

Mai - juin 1795 – Entorses au traité de paix

Le traité de paix d’avril 1795 ne manquait pas d’adversaires dans les deux camps. Fin mai 1795, des courriers saisis démontrent aux Républicains que les Royalistes préparent une reprise d’armes ; ceci permet aux représentants de la Convention de demander l’arrestation des chefs royalistes. Plusieurs combats et arrestations s’ensuivent.

Juin - juillet 1795 – La bataille de Quiberon

Carte du débarquement de Quiberon

Le 23 juin 1795, une flotte anglaise transportant une armée d’émigrés apparait dans la baie de Quiberon. De très importantes troupes chouannes se rassemblent sur la côte pour préparer leur arrivée; le 27 juin 3500 émigrés débarquent. Dans un premier temps, les émigrés et les chouans remportent des succès : Carnac, Landévant et Auray tombent entre leurs mains. Le 3 juillet, HOCHE, qui commande les troupes républicaines, ayant reçu des renforts, reprend l’offensive et repousse les Royalistes dans la presqu’île de Quiberon. Le 7 juillet, HOCHE écrit :

Les anglo-émigrés-chouans sont, ainsi que des rats, enfermés dans Quiberon où l’armée les tient bloqués. J’ai l’espoir que dans quelques jours nous en seront quittes.

La chute de Quiberon va prendre plus de temps que ne l’espérait HOCHE, puisque la capitulation des Royalistes ne viendra que le 21 juillet 1795. Mais entre-temps CADOUDAL et MERCIER-LA-VENDÉE avaient échappé au piège.

Juillet 1795 – Les opérations de diversion de l'Armée Rouge

Carte des opérations de l'armée rouge

Dès le début de l’enfermement dans la presqu’île de Quiberon, CADOUDAL propose que des troupes soient transportées sur l’arrière des forces républicaines. Le plan est accepté. Une colonne de 3500 chouans, renforcée de quelques émigrés, débarque près de Sarzeau le 10 juillet 1795. Les Chouans ont été équipés d’uniformes britanniques, ce qui leur vaut le surnom d’Armée Rouge. CADOUDAL et MERCIER-LA-VENDÉE font partie de cette troupe, mais la  direction en est confiée à des officiers émigrés. Au lieu de prendre les Républicains à revers, l’Armée Rouge se dirige vers le nord. En chemin, elle prend la ville de Josselin, le 15 juillet. Le 18 juillet, au cours d’un accrochage avec un détachement républicain près du château de Coëtlogon, le chef de l’Armée Rouge, Vincent de TINTÉNIAC, est tué. Les officiers émigrés désignent l’un des leurs, PONTBELLANGER, pour le remplacer. L’Armée Rouge poursuit sa route vers le nord jusqu’à la côte; elle occupe Quintin le 21 juillet, puis Châtelaudren le 23 juillet, mais la flotte britannique espérée est absente. L’Armée Rouge apprend alors la chute de Quiberon, ainsi que l’arrivée de HOCHE et de ses troupes. PONTBELLANGER abandonne l’Armée Rouge, et c’est CADOUDAL qui la ramène dans le Morbihan où il donne l’ordre de dispersion.

Les nobles émigrés étant tués, en fuite ou décrédibilisés, les roturiers prennent le pouvoir: le 16 août 1795, CADOUDAL, jusqu’alors colonel de la division d’Auray, est élu général de l’armée du Morbihan.

Les opérations de fin 1795 - début 1796

Les anglo-émigrés montent une nouvelle tentative de débarquement, cette fois en direction de la Vendée ; ils occupent l’île d’Yeu du 2 octobre au 17 décembre 1795, mais ne réussissent pas la liaison avec les insurgés vendéens. MERCIER-LA-VENDÉE est envoyé sur l’île d’Yeu pour récupérer des armes, des munitions et des fonds et tenter de convaincre les anglo-émigrés de débarquer à nouveau dans le Morbihan. C’est également l’occasion de sa première rencontre avec le Comte d’Artois, futur Charles X.

Dans le Morbihan, les combats reprennent en novembre 1795. Plusieurs rassemblements importants de chouans sont organisés pour accueillir un débarquement britannique d’armes, de munitions et de fonds, mais ce débarquement ne réussit finalement qu’en avril 1796.

Juin 1796 – Deuxième suspension d'armes

Après avoir vaincu les Vendéens (STOFFLET fusillé le 24 février 1796 et CHARRETTE le 29 mars) HOCHE peut tourner l’ensemble de ses forces contre la Bretagne. Ne comptant pas uniquement sur la force pour assurer la pacification, il offre la liberté religieuse et des mécanismes de dispense du service militaire en échange de la soumission des insurgés. CADOUDAL n’est plus en mesure de continuer seul la lutte; il signe la paix à Vannes le 19 juin 1796.

Juin 1796 - 1797 – Tentative par la voie politique

CADOUDAL et MERCIER-LA-VENDÉE s’orientent vers l’action politique ; ils soutiennent les candidats royalistes au renouvellement annuel du tiers des Conseils (Conseil des Cinq-Cents et Conseil des Anciens – équivalents de l’Assemblée Nationale et du Sénat d’aujourd’hui). Les élections ont lieu en avril 1797 et voient un succès des Royalistes, qui se retrouvent majoritaires dans les Conseils. La nouvelle majorité abroge les lois contre les émigrés et les prêtres réfractaires.

Mais la voie politique va se refermer. Les Républicains organisent un coup d’état le 18 fructidor an V (4 septembre 1797). Les élections sont annulées dans une cinquantaine de départements, les mesures répressives contre les émigrés et les prêtres réfractaires sont remises en vigueur et de nombreux députés, prêtres et journalistes sont « fructidorisés », selon le mot de l’époque, c’est-à-dire emprisonnés ou envoyés en Guyane. Parmi les déportés, se trouve le général PICHEGRU, président du Conseil des Cinq-Cents, qu’on va retrouver en 1804 dans la conspiration de CADOUDAL.

Juin 1797 – MERCIER-LA-VENDÉE promu général

C’est pendant la période où la voie politique semblait s’ouvrir, en juin 1797, que Pierre MERCIER-LA-VENDÉE reçoit du Comte d’Artois, le futur Charles X, le brevet de maréchal de camp de l'armée royale (grade équivalent au général de brigade actuel):

Brevet de Maréchal de Camp

pour le Sieur Mercier dit la Vendée De par le Roi

Nous Charles Philippe, frère du Roi, Lieutenant-Général du Royaume, au nom de Louis XVIII, Roi de France et de Navarre, et en conséquence des Pouvoirs que sa Majesté nous a donné. Prenant en considération les bons et fidèles services que le Sr Pierre Mercier dit la Vendée a rendus au Roi en diverses charges et emplois de guerre qui lui ont été confiés par sa Majesté dans lesquels il a donné des preuves de sa valeur, courage, expérience en la guerre, vigilance et bonne conduite, ainsi que fidélité et affection à son service ; et voulant lui marquer notre satisfaction, nous l'avons retenu ordonné et établi, le retenons, ordonnons et établissons en la charge de Maréchal de Camp aux armées du Roi ; pour dorénavant en faire fonction, en jouir et en user, aux honneurs, autorité, prérogatives et prééminences qui y appartiennent, tels et semblables dont jouissent ceux qui sont pourvus de pareilles charges, et aux appointements qui lui seront ordonnés par les états de Sa Majesté. Voulons qu'il soit reconnu en la dite qualité, qu'on lui obéisse en tout ce qui concerne le Service du Roi, et qu'il prenne rang, de ce jour, parmi les Maréchaux de Camp au Service de Sa Majesté ; en foi de quoi nous lui avons signé le Présent, contresigné par M. le Cte de la Chapelle, Mal de Camp que nous avons commis à cet effet.

Fait à Édimbourg le quinzième jour de Juin en l'an de grâce mille sept cent quatre vingt dix sept, du règne du Roi, le troisième.

Signé

Charles Philippe

par ordre de Monsieur

le Cte de la Chapelle

1798 - 1799 – La seconde coalition

Une seconde coalition contre la république française s’organise à partir de septembre 1798. Elle rassemble essentiellement l’Angleterre, la Russie et l’Autriche (la Turquie, le royaume des Deux-Siciles et la Suède ont également participé, mais à un niveau plus limité).

MERCIER-LA-VENDÉE passe en Angleterre en octobre 1798. Il en revient en novembre avec une lettre du Comte d’Artois destinée à Georges CADOUDAL, dont voici quelques extraits :

J'ai mûrement réfléchi sur tout ce que vous m'avez marqué, mon cher Georges, par votre lettre du 3 octobre, que votre digne compagnon d'armes, le brave Mercier, m’a remise le 2 de ce mois.[…]

Ce serait compromettre les plus importants intérêts de la religion, de l'État, de la monarchie, du monarque, et de tous les fidèles et intrépides défenseurs d'une si grande et si belle cause, que de reprendre les armes prématurément, en risquant de faire succomber des hommes si précieux à conserver, sous la masse des forces qui bientôt seraient réunies contre eux par les factions rebelles.

Nous approchons probablement d'une époque que nous pouvons considérer comme très-favorable, par la nécessité où nos ennemis seront de porter sur les frontières de l'Est et du Midi les troupes qu'ils emploient maintenant à comprimer nos provinces. Cette époque sera celle où la guerre recommencera sur le Rhin, en Suisse et en Italie. Ce sera alors, et seulement alors, que la reprise des armes à l'ouest de la France sera une opération salutaire dont les effets seront aussi glorieux que décisifs.

[…] Préparez vos armes, et, pour en faire usage, attendez le signal que je suis aussi impatient de vous donner que vous l'êtes de le recevoir, puissé-je vous le porter moi-même !

[…] Le général Mercier, que j'ai revu avec beaucoup de satisfaction, et dont je suis parfaitement content, vous portera les résultats des mesures que j'ai recommandé qui soient prises pour que les fonds que vous désirez obtenir vous soient accordés. C'est une recommandation que je renouvellerai, afin que vous ayez le plus qu'il sera possible dans la dispensation des secours destinés par le gouvernement britannique à nos armées de l'Ouest. Je solliciterai également les armes et les munitions dont les fidèles royalistes feront un si bon usage.

En août 1799, le commandement de Georges CADOUDAL, qui ne portait que sur le Morbihan, est étendu à l’ensemble de la Basse-Bretagne (Finistère, Côtes-d’Armor et Morbihan).

Septembre 1799 - février 1800 – Troisième chouannerie

Septembre - novembre 1799 – Soulèvement général

Suite aux succès anglo-russes aux Pays-Bas et austro-russes en Italie et en Suisse, la situation devient inquiétante pour la République. Ceci est illustré par la proposition de déclarer la patrie en danger faite au Conseil des Cinq-Cents le 13 septembre 1799 (même si cette proposition est finalement repoussée).

Les chefs royalistes de l’Ouest s’entendent alors pour un soulèvement général le 15 octobre. Celui-ci commence par des succès : quelques villes sont investies, dont Le Mans le 14 octobre et Nantes le 19 octobre, mais ce sont des coups de main de durée limitée, les Chouans ne cherchent pas à s’y maintenir.

Carte du coup de main sur Saint-Brieuc

MERCIER-LA-VENDÉE s’illustre dans un de ces coups de main, avec la prise de Saint-Brieuc, dans la nuit du 26 au 27 octobre 1799. Cette opération lui permet de libérer environ 300 prisonniers royalistes et de mettre la main sur les papiers du département, 60 chevaux, de la poudre et un canon. Les Chouans sont accrochés sur le chemin du retour et des combats ont lieu les 28 et 29 octobre à la Croix Saint-Lambert et au château de Lorge.

Mais la République rétablit la situation dans sa lutte contre la 2nde coalition. En particulier, suite à quelques défaites, le tsar Paul Ier rappelle ses troupes le 23 octobre 1799. La République peut alors consacrer des renforts à la lutte contre l’insurrection royaliste.

Décembre 1799 - février 1800 – Troisième suspension d'armes

Une trêve entre Républicains et Royalistes est conclue le 1er décembre 1799. À la fin de la trêve, le 22 janvier 1800, CADOUDAL reprend le combat pour un moment. Le dernier engagement d’envergure, la bataille du Pont du Loch, également connue comme la bataille de Grandchamp, a lieu le 25 janvier 1800 : les Chouans attaquent la garnison de Vannes, qui était sortie escorter son approvisionnement, sans résultats décisifs d’un côté ou de l’autre.

Fin janvier 1800, BRUNE arrive avec des renforts et CADOUDAL signe un armistice le 14 février 1800.

Mars-décembre 1800 – À la recherche de nouvelles voies

Fin mars 1800, CADOUDAL rencontre aux Tuileries le premier consul, Napoléon BONAPARTE, à la demande de celui-ci. BONAPARTE essaye de convaincre CADOUDAL de se rallier à son gouvernement, mais sans résultat. Après cette entrevue, CADOUDAL retourne à la clandestinité. Il part pour l’Angleterre le 13 avril 1800. Il y monte des plans d’intervention avec les émigrés et les Britanniques, puis revient en Bretagne en juin. Les victoires de BONAPARTE en Italie (Marengo 14 juin 1800), amènent les Britanniques à mettre de côté leurs projets (dans une lettre à CADOUDAL datée du 2 juillet 1800, Lord GRENVILLE, ministre britannique des affaires étrangères ne pouvait que l’inviter à rester tranquille pour le moment). Par la suite, les succès de MOREAU en Allemagne (Hohenlinden 3 décembre 1800) ne font que renforcer cette orientation.

Les opérations militaires n’étant plus d’actualité, CADOUDAL s’oriente vers des actions de type coup d’état (le coup essentiel selon sa propre expression); trois de ses lieutenants qu’il a envoyés à Paris y organisent l’attentat de la rue Saint-Nicaise, le 24 décembre 1800. Un tonneau rempli de poudre et de mitraille, camouflé en carriole de transport d’eau, devait exploser au passage de la voiture du premier consul en théorie, mais, dans les faits, le dispositif été mis à feu avec un retard qui a permis à BONAPARTE de sortir indemne de l’attentat.

Janvier 1801 – La fin de MERCIER-LA-VENDÉE

Carte de la dernière mission de MERCIER-LA-VENDEE

Après dix ans de conflits, tout le monde aspire à l’apaisement. À l’intérieur, le premier consul, Napoléon BONAPARTE, autorise le retour des émigrés et négocie un concordat avec le Pape (qui va être signé le 15 juillet 1801). À l’extérieur, la République est victorieuse, et les anciens membres de la seconde coalition ont signé des accords de paix, se préparent à en signer ou envisagent d’entamer des pourparlers.

Malgré cela, CADOUDAL et MERCIER-LA-VENDÉE ne renoncent pas ; en particulier, ils mettent sur pieds un réseau de correspondants à Brest et Belle-Île pour y préparer de futures interventions des anglo-émigrés.

Le 18 janvier 1801, MERCIER-LA-VENDÉE se trouve, avec quatre compagnons, sur la côte à l'est de Saint Brieuc, près de Saint-Quay-Portrieux, pour rejoindre l'Angleterre via Jersey et préparer de futures opérations avec les chefs émigrés. Le rendez-vous avec le bateau anglais qui devait assurer le transport ayant échoué, le groupe repart vers le Morbihan. Dans la nuit du 20 au 21 janvier 1801, ils sont repérés et attaqués par les gendarmes près de Loudéac. MERCIER-LA-VENDÉE est tué tandis que ses compagnons réussissent à s'échapper. Pour plus de détails, voici le compte rendu officiel des autorités (rapport du préfet des Côtes-du-Nord au ministre de la Police) :

Dans la nuit du 20 au 21 Janvier 1801, les gendarmes de Loudéac partirent avec un officier et douze hommes de la garnison de cette commune, à l'effet de vérifier divers renseignements que la voix publique leur avait procurés.

Rendus au village de Launay-Bergot situé près de la forêt de Loudéac en la commune de la Motte, vers onze heure du soir, ils cernèrent les différentes maisons et aperçurent dans la cour de l'une d'elle une grande quantité de particuliers inconnus, lesquels firent aussitôt une décharge de coups de carabine et de pistolet. Ils se mirent aussitôt en défense, les forcèrent après environ une heure de combat à abandonner les lieux où ils se trouvaient et les poursuivirent ensuite dans la retraite qu'ils exécutèrent.

Mais l'obscurité de la nuit ne leur ayant permis de bien diriger leur fusillade, ils ne purent atteindre que le nommé Mercier dit "La Vendée", adjudant général chef d'état-major des royalistes qui, ayant reçu deux coups de feu resta mort à peu de distance de la forêt de Loudéac, et ils crurent en avoir blessé deux autres qui n'ont pu être retrouvés.

Les gendarmes, après avoir infructueusement continué la poursuite de ces scélérats, revinrent au lieu de l'attaque, où ils trouvèrent cinq chevaux bien équipés, quatre sabres à la hussarde et un portemanteau ce qui désignait à l’époque une sorte de valise. Le tout a été conduit à Loudéac avec le cadavre de Mercier.

La lecture des pièces saisies sur lui et que je vous adresse, en vous faisant connaître, citoyen Ministre, l'existence de réelles manœuvres que je vous ai depuis longtemps annoncé avoir lieu dans ce département et des affreuses machinations des ennemis, vous apprendra encore les nombreuses intelligences qu'ils paraissent conserver de toutes parts, notamment à Paris, Brest, Nantes et même avec des hommes salariés du gouvernement.

Au surplus, citoyen Ministre, Mercier, comme vous le savez était le second de Cadoudal et son conseil. Comme lui, il entretenait des relations directes avec l'Angleterre ; comme lui, il avait la plus grande influence parmi les habitants des campagnes et sa mort est un événement d'autant plus important qu'en déconcertant les projets des ennemis de l'intérieur et de l'extérieur, elle peut assurer la tranquillité du pays.

Les gendarmes ainsi que le détachement de la 71e demi-brigade qui ont été employés dans cette affaire et qui ont montré autant de zèle que de courage ont des droits à la récompense nationale et je le sollicite pour eux, de même que je vous engage, citoyen-Ministre, à prendre en considération les observations contenues en la lettre du chef d'escadron de la gendarmerie, dont je vous remets ci-joint copie, relativement aux gendarmes Charlopin et Périon qu'il désigne, l'un comme ayant donné les renseignements qui ont procuré cette affaire et s'être battu corps à corps avec Mercier, l'autre comme ayant porté lui-même le coup qui nous a débarrassé de ce fameux brigand.

Comme l'explique ce rapport, les gendarmes étant cantonnés à Loudéac, c'est là qu'ils ont rapporté le corps de MERCIER-LA-VENDÉE et que son décès a été enregistré le 1er pluviose de l'an neuf (21 janvier 1801). L'acte d'état civil du décès de Pierre MERCIER place sa mort à Loudéac, et le rapport du préfet précise que le combat entre chouans et gendarme s'est tenu dans le hameau de Launay-Bergault, dépendant de la commune de Loudéac. Mais tous les historiens s'accordent pour écrire que MERCIER-LA-VENDÉE et ses compagnons s’étaient arrêtés pour passer la nuit dans le hameau de la Fontaine-aux-Anges, qui se trouve dans la commune de La Motte, et que c'est là qu'ils ont été attaqués par les gendarmes. Pour tenter de concilier ces deux versions, on peut faire appel à la poursuite dont il est question dans le rapport. Le combat aurait commencé à la Fontaine-aux-Anges, sur la commune de La Motte, et la poursuite les aurait amené 1,7 km plus au sud, à Launay-Bergot, sur la commune de Loudéac. L'objectif de MERCIER-LA-VENDÉE et de ses compagnons était de rejoindre le Morbihan : le trajet de la Fontaine-aux-Anges à Launay-Bergot est dans la direction à suivre pour le faire.

Plusieurs documents très instructifs pour les autorités se trouvaient dans les affaires de MERCIER-LA-VENDÉE :

[…] Vous devez sentir cependant que notre position demande du positif et cela promptement, nous sommes exposés à chaque minute aux poignards des assassins […] je serai obligé de faire banqueroute si dans vingt-cinq jours au plus tard je ne reçois pas 4 000 louis pour la solde des troupes […] Mes commissaires sont de retour de Brest. D'après leur rapport je ne réponds pas absolument du succès, mais j'ai de grandes espérances de réussir […] La garnison de Belle-Île est presque toute composée d'hommes à moi. Soutenu par des vaisseaux anglais et peut-être sans être soutenu de forces étrangères je pourrai tenter cette opération - s'emparer de Belle-Île - ; si elle réussissait elle nous mettrait à même d'attendre les événements en nous recrutant considérablement.

Comme on peut s’en douter, de nombreux chouans et agents royalistes ont été arrêtés ou tués grâce aux renseignements donnés par ces documents.

1801-1804 – La fin de CADOUDAL

Après la mort de MERCIER-LA-VENDÉE, la situation de CADOUDAL devient de plus en plus difficile. Fin mai 1801, il quitte la Bretagne pour l’Angleterre, mais il doit s’arrêter à Jersey : les Britanniques entament des pourparlers avec le premier Consul et ne souhaitent pas attirer l’attention sur leur soutien aux insurgés royalistes. Fin juin, ils acceptent que CADOUDAL quitte Jersey pour l’Angleterre, mais à condition qu’il soit discret et reste à l’écart de Londres. Les pourparlers franco-britanniques aboutissent à la paix d’Amiens, signée le 25 mars 1802. En mai 1802, une soixantaine des lieutenants de CADOUDAL les plus compromis le rejoignent dans son exil.

La paix d’Amiens est rompue le 18 mai 1803. CADOUDAL retrouve le soutien du gouvernement britannique pour monter son coup essentiel: renverser BONAPARTE au profit des généraux PICHEGRU et MOREAU, qui doivent restaurer la monarchie dans un second temps. PICHEGRU avait été déporté en Guyane en septembre 1797. Après s’en être échappé, il était réfugié en Angleterre depuis 4 ans. MOREAU, lui, était toujours en service dans l’armée française, mais sa rivalité avec BONAPARTE entravait sa carrière et on espérait l’entrainer dans la conspiration.

Le 21 août 1803, un bateau britannique débarque CADOUDAL à Biville, à 20 km de Cherbourg; il arrive à Paris fin août. PICHEGRU débarque de la même manière le 16 janvier 1804.

Début février 1804, la conspiration est connue de la police et les arrestations commencent. PICHEGRU est arrêté le 28 février ; on le retrouve suicidé dans sa cellule le 6 avril.

CADOUDAL est arrêté le 9 mars 1804. Le procès des conspirateurs (47 accusés) se déroule du 28 mai au 9 juin 1804. CADOUDAL est condamné à mort avec 19 de ses co-accusés, dont 8 finalement graciés. Les 12 condamnés à mort restant sont guillotinés le 25 juin 1804 en place de Grève.

1871 – CADOUDAL et MERCIER-LA-VENDÉE à nouveau réunis

Le mausolée de CADOUDAL

Après l’exécution de Georges CADOUDAL, son corps avait été mis au service de la science: préparé sous la forme d'un squelette, assemblé par du fil de fer, il faisait partie des collections de l'hôpital de l'Hôtel Dieu.  Cette carrière scientifique va s’interrompre avec la chute de l’Empire. Le 6 avril 1814, Napoléon abdique; Louis XVIII entre à Paris le 3 mai. En juin, la famille CADOUDAL récupère le squelette; les ossements sont inhumés dans l'église Saint Paul (Paris IVe) à l'issue d'une messe de Requiem célébrée le 25 juin 1814, dixième anniversaire de son exécution. En 1825, une souscription est lancée pour construire à Kerléano un mausolée destiné à accueillir les restes de CADOUDAL. Ceux-ci sont transférés à Auray en mai 1830, mais, avec l’arrivée au pouvoir de Louis-Philippe en août 1830, le gouvernement cesse de soutenir le projet. Les fonds manquent, les délais s’allongent et le mausolée (voir photo ci-dessus) n’est terminé qu’en 1852; les restes de CADOUDAL y sont déposés en 1853.

L’histoire des restes de MERCIER-LA-VENDÉE est également mouvementée. Dans un premier temps, son corps est enterré dans le cimetière de Loudéac.  En 1817, ce cimetière est désaffecté et les restes sont ré-inhumés dans le nouveau cimetière. Un royaliste militant les fait extraire; il recueille les ossements dans un coffre qui est déposé dans la chapelle de l’hôpital de Loudéac. Lors de la révolution de 1830, les chouans ne sont plus aussi bien vus, et, par mesure de précaution, les religieuses qui officient à l’hôpital cachent le coffre. Il finit oublié dans un grenier.

En 1867, un neveu de CADOUDAL se lance à la recherche des restes de MERCIER-LA-VENDÉE; ce n’est qu’en 1871 qu’il les retrouve. Ils sont alors déposés dans le mausolée de Georges CADOUDAL: les deux amis sont à nouveau réunis.

1946 – La rue MERCIER-LA-VENDÉE

Plan du Lion d'Angers

En 1946, le Lion-d’Angers, ville natale de MERCIER-LA-VENDÉE, lui rend hommage en donnant son nom à une partie de la rue du cimetière. Le plan ci-dessus  permet de la situer: le nom de la rue y est souligné en rouge; en complément, le rectangle rouge à l’angle des rues du général Leclerc et du marché indique l’emplacement de l’auberge de la Boule d’Or, maison natale de MERCIER-LA-VENDÉE (et de quelques-uns de mes ascendants); celle-ci a disparu en 1865 (date portée par le bâtiment qui s'élève aujourd'hui à cet endroit).

La plaque de rue Mercier-la-Vendée